Retour sur la demi-journée "Visibilité des revues scientifiques et référencement dans les systèmes d'information"

Description: 

La demi-journée "Visibilité des revues scientifiques et référencement dans les systèmes d’information", organisée par le groupe "Revues" (Commission Recherche) le 21 janvier 2016 à l'Université Toulouse 2 Jean Jaurès, a été l'occasion de débattre avec les responsables de revues et les intervenants, sur la question du référencement dans les systèmes d’information afin d’en comprendre mieux les enjeux et objectifs.

Le référencement d’une revue dans divers systèmes d’informations permet d’en augmenter sa visibilité sur Internet et à l’international. Il est important pour les responsables de revues de bien appréhender la diversité des différents systèmes d’information, leur nature et principales fonctionnalités.

I- Dans un premier temps, Julien Gilet (Open Edition), a présenté une typologie des systèmes d’information qu’il classe en quatre sous-ensembles :

  1. Bases de données commerciales généralistes et bases de données thématiques
  2. Portail d'information spécifiques au libre accès
  3. Catalogues de bibliothèques
  4. Outils d'accès l'information
  5. Classements nationaux et européens

Le premier sous-ensemble concerne les bases de données commerciales : Web of Science ou Scopus.

Le WOS est une base développée par Thomson Reuters aux Etats-Unis. C’est un outil gratuit pour les revues mais payant pour les bibliothèques et utilisateurs. Le Journal Citation Report (JCR) donne l’indice ou Impact Factor (IF) de la revue. Scopus est une base d’Elsevier (Hollande) concurrente du WOS. Le facteur d’impact est fourni par le service Scimago. D'une manière générale, il y a davantage de revues référencées dans Scopus que dans le WOS.

Le WOS contient une grande majorité de revues en langue anglaise, le français étant considéré comme une langue « régionale », tout comme l’espagnol et le portugais, d’après le WOS !

Le WOS est un système assez fermé dans lequel des cercles de revues se citent entre elles.

Ce système de référencement par des entreprises commerciales de l'édition scientifique, est globalement accepté par les chercheurs des sciences dites « exactes » et plutôt rejeté, à l'heure actuelle, par les chercheurs en lettres et sciences humaines, avec des nuances notables en fonction de la proximité des disciplines avec les sciences expérimentales.

A côté des bases généralistes, on trouve les bases de données thématiques permettant de mieux repérer les revues d'un domaine ou d'une discipline spécifique et auxquelles les bibliothèques d'établissements s'abonnement en fonction des thématiques couvertes (exemple : MLA, ERIC, PsycInfo, SocIndex, Historical Abstracts...).

Le deuxième sous-ensemble concerne les portails scientifiques d’information en libre accès comme le DOAJ (Directory of Open Access Journals) ou Latindex (système régional d'information en ligne pour les revues scientifiques d'Amérique latine, Caraïbes, Espagne et Portugal). Ce sont des outils crées par des bibliothécaires et professionnels de l'information. La condition d’intégration dans ces systèmes relève de la capacité des revues à remplir une baterie de critères reposant sur la qualité éditoriale, la politique éditoriale et la diffusion. Ces systèmes sont beaucoup plus ouverts et transparents, allant à l’encontre de l’idéologie des classements. Latindex a également vocation à fournir aux éditeurs des outils pratiques (en ligne) et dispense également des formations professionalisantes aux éditeurs de la zone régionale concernée.

Le 3e sous-ensemble concerne les catalogues de bibliothèques comme le SUDOC (catalogue national des bibliothèques) ou encore Worldcat (catalogue international des bibliothèques).

Le 4e sous-ensemble concerne les systèmes d'accès à l'information qui peuvent être parfois plus techniques comme Mir@bel, réseau de bibliothécaires plus petit (développé par Sciences Po Lyon), est une base qui facilite le signalement et l’accès aux revues. Il assure une bonne visibilité dans le monde francophone (accords passés avec le Québec). On peut également citer EZB (Elektronische Zeitschriftenbibliothek) et Isidore (moissonneur de ressources en SHS développé par le CCSD/CNRS) qui garantie l’interopérabilité et l’indexation de tous les contenus d’Open Edition.

Les classements nationaux et européens jouent également un rôle important surtout d’un point de vue institutionnel et ils composent le dernier sous-ensemble de cette typologie. Il existe des index nationaux de qualité des revues par pays (France, Belgique, Italie). Pour la France, l’AERES avait établi des listes des revues par section, listes d’ailleurs vivement critiquées par certaines disciplines. Puis l’HCERES succède à l’AERES avec de nouvelles listes en économie et gestion (les autres sections sont sur l’ancien site web de l’AERES).

ERIH PLUS (revues européennes) donne une notation de la revue (portée nationale, internationale). Open Edition peut y soumettre des revues mais cela reste au cas par cas (idem pour l’HCERES).

Suite à une enquête menée par Open Edition sur les pratiques éditoriales auprès des 400 revues de revues.org pour connaître leur capacité à intégrer le DOAJ et répondre aux nouveaux critères déployés par ce système, Open Edition a proposé une liste de conseils aux revues pour améliorer leur référencement (117 revues d’Open Edition sont actuellement dans le DOAJ).

  • résumés plus longs et multilingues
  • mots clés et titres dans la langue de l’article et dans une 2e langue (anglais)
  • présence d’un comité de rédaction international
  • présence d’une charte éditoriale (processus de sélection des articles, consignes aux auteurs)
  • régularité de publication des numéros

Il est nécessaire de cultiver une certaine biblio-diversité (Marin Dacos).

 

II- La deuxième partie de la séance est l’occasion de présenter et analyser les revues produites et soutenues par l’établissement de l’université Toulouse – Jean Jaurès (Françoise Gouzi et Hugues Samyn, UT2J)

Une première présentation https://infogr.am/resultats_enquete_latindex_revues_ut2j permet de dresser le bilan d’une enquête menée auprès des 37 revues de l’établissement concernant la qualité éditoriale. Ce sont les critères Latindex qui ont servi de référence pour cette enquête (consulter le liste des critères Latindex : http://www.univ-tlse2.fr/revues). Si dans l’ensemble, les critères basiques (navigation, présentation, informations sur la revue, ISSN …) des revues sont correctement remplis, les critères relatifs à la gestion éditoriale (ouverture du comité de rédaction et transparence des procédés de peer reviewing) ainsi qu’à la diffusion (référencement, déclaration d’une politique en matière de libre accès) et aux contenus (mots clefs), peuvent être perçus comme plus contraignants pour les responsables de revues et difficiles à atteindre.

Une seconde analyse vient détailler les bases dans lesquelles sont référencées les revues de l’établissement : https://infogr.am/zoom_sur_le_referencement_des_revues_ut2j
On y apprend que sur les 37 revues analysées, 57% sont présentes dans les classements ERIH et HCERES, 24% sont indexées dans les grandes de données commerciales (WOS et Scopus), 49% dans les bases de données bibliographiques thématiques (EBSCO) et enfin, 89% dans des systèmes d’informations nationaux ou internationaux dont certains en libre accès (DOAJ, Latindex, Ent’revues, Mir@bel...)

Page web de référence sur le site web de l’université présentant les revues produites et soutenues par l’établissement : http://www.univ-tlse2.fr/revues

 

III- Enfin, la dernière intervention de la part des Presses Universitaires du Midi (Dalila Mechitoua) permet de dresser un bilan financier sur la numérisation de l’antériorité, la mise en ligne sur revues.org de l’ensemble des revues des PUM et les avantages en termes de consultation et visibilité scientifique.

Cette demi-journée d’études aura permis de montrer aux responsables de revues et équipes éditoriales, l’importance du référencement dans les divers systèmes d’information, la nécessité d’améliorer les contenus multilingues et de clarifier le plus possible les procédés de gestion et politique éditoriale. La Bibliothèque Centrale en collaboration avec le groupe Revues de l’établissement accompagnera les porteurs de revues pour le référencement dans les différents systèmes d’informations. De plus, le groupe de travail Revues en collaboration avec les Presses Universitaires du Midi, aidera les porteurs de revues dans la définition et déclaration sur les sites web dédiés (Sherpa/Romeo, Héloïse), d’une politique éditoriale en matière de diffusion en libre accès de leurs contenus.