Réseaux sociaux de recherche et libre accès, réflexion et arguments

A lire absolument le billet de Rachel Gliese sur le blog Gaïa Universitas, intitulé "Des milliards de données et moi, et moi et moi" qui argumente très efficacement sur la différence entre réseaux sociaux académiques et archives ouvertes.

La question posée par ce billet est très claire : "Avec plus de 36 millions de visiteurs chaque mois, la popularité massive d’Academia.edu est incontestable. Pourtant, y déposer une publication (ou sur Researchgate) est-il éthiquement et politiquement comparable à la diffuser dans une archive ouverte institutionnelle (type HAL ou Orbi), comme bien des chercheurs semblent le penser ?"

Et la réponse l'est plus encore : "De la même manière qu’AirBnB et Uber se développent en utilisant – sans contribuer à les financer – des infrastructures et des investissements publics qui ont été faits par les villes voilà une génération (routes, immeubles, éclairage public, etc) (lire ici), Academia.edu a une relation parasitaire au système d’enseignement supérieur public : les chercheurs donnent gratuitement de leur temps pour aider à construire une plateforme privée, à but commercial, en fournissant gracieusement des contenus, des données et de l’attention. Pour répondre à la question initiale, il est donc clair que publier sur academia.edu n’est ni éthiquement, ni politiquement la même chose que de rendre ses recherches disponibles en les diffusant par le biais d’une archive ouverte institutionnelle (comme Hal, Hal-inria, ArXiv, Orbi, etc.)"

De plus le modèle économique de tels réseaux est exposé très clairement : "Bonne raison pour regarder de plus près le modèle économique d’Academia.edu. A l’inverse de certains éditeurs commerciaux, ce modèle ne se base pas sur le fait que les auteurs ou leurs institutions paient des frais pour que leur recherche soit diffusée gratuitement, modèle couramment désigné sous le nom de modèle « auteur-payeur », ou Article Processing Charges (APC, paiement à l’article publié). Sa rentabilité financière repose au contraire sur la capacité des business angels qui veillent aux destinées d’Academia.edu, à exploiter les flux de données générées par les universitaires qui utilisent la plateforme."

Ce billet résume un billet original de Gary Hall, professeur à Coventry University, paru mi-octobre 2015 sur Media Gift puis sur la plate-forme de blogs de la London School of economics (lire ici le billet original).

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